Ahah !
Home : au moins 20 millions de spectateurs…
Voilà un film qui entrera très certainement dans l’histoire de la propagande : financement par un empire financier –François –Henri Pinault, 3eme fortune de France, propriétaire de Pinault Printemps Redoute-, projections publiques financées par les préfectures sur ordre du ministère de l’environnement…
On est au cœur, avec Home, dans le phénomène de
l’éco-tartuferie que les sardons de la Décroissance ne cessent de vilipender depuis longtemps. L’été dernier, ce périodique alternatif avait publié un numéro spécial sur cette question… Surprise ! Un pleine page réservée à M. Pinault et encore une autre à YAB : rappelons ainsi que notre moraliste est un ancien photographe du Paris-Dakar où il a officié pendant 10 années et qui consomme ces dernières années en hélicoptère l’équivalent d’un poids-lourd qui roulerait 24/24 pendant un an ! Notre ami estime que «
posséder un 4x4, pourquoi pas. A condition de sacrifier de temps en temps au covoiturage » ou encore que «
je suis prêt à travailler avec toutes les entreprises, même Total et Coca-Cola, dès lors qu’elles sont sincères ». Sincérité ? Les clients de Conforama (groupe PPR) ayant acheté des canapés importés de Chine (démarche écolo par ailleurs d’importer de la sorte) et qui ont du être hospitalisés pour allergie peuvent en dire quelque chose…
Voilà donc un film qui dépolitise la question environnementale : aucun lien entre le système économique dans lequel on vit –la logique libre-échangiste qui fait qu’on importe pour raisons purement économiques des produits qu’on fabriquait autrefois nous-mêmes, aucun lien entre le problème de la pauvreté et de la pollution : peut-on condamner un sans-terre brésilien qui défriche quelques hectares de la forêt amazonienne pour faire bouffer sa famille ? etc. On se contente de culpabiliser le citoyen : couper l’eau pour se brosser les dents, ne pas prendre de bain etc. De la grosse connerie ! On sait que la pollution provient des structures agricoles (irrigation pour l'eau) et industrielles...
Pour conclure, une critique pertinente et assez amusante du film : Renaud Lambert dans là Bas-si j’y suis d’aujourd’hui, jeudi 25 juin : il s’est amusé à appeler PPR, le ministère etc en jouant l’abruti… et s’est entretenu avec Paul Ariès (fin connaisseur des questions environnementales) et avec un journaliste du
Canard Enchaîné qui s’est penché sur l’itinéraire de Pinault et Yab. A voir sur
www.la-bas.org