Ca fait longtemps qu'on n'a pas publié de nouvelle fiche de lecture, ici... Alors hop !
Les saisons, Maurice Pons.
Le personnage principal, Siméon, arrive un soir dans ce village isolé, coincé au milieu d’une vallée. Il pleut de grosses gouttes lourdes, sans arrêt, et le sol dégorge. C’est normal, c’est le seizième mois de l’automne, qu’on appelle aussi «saison pourrie», là-bas. Siméon est en fuite et il cherche en endroit pour écrire l’oeuvre de sa vie.
Avec lui, le lecteur découvre un monde pas fait pour les âmes sensibles. La vie est dure : seules les lentilles en poussent sur ce sol, il s’agit donc du seul aliment disponible. Les saisons durent des années et ne connaissent que la pluie ou le froid. La vie est rustique, il s’agit d’ailleurs plus de survie et les habitants n’ont pas la force d’en faire plus : personne ne répare plus les toits écroulés sous le poids de la neige, ils préfèrent se réfugier dans les pièces encore épargnées. Une machine rouillée, abandonnée dans un champ, est le témoin d’une époque où les hommes tentaient d’améliorer leur quotidien, mais personne ne sait aujourd’hui à quoi diable elle pouvait bien servir. Et dans ce monde entre un personnage parfaitement naïf et égocentrique, qui n’a jamais rien appris des difficultés de la vie. Un voyage qui le marquera jusque dans son corps, car c’est un monde qui érode ses habitants, les étrangers plus rapidement que les autres.
Un livre plein d’humour et d’ironie, qui sait décrire avec beaucoup de naturel et sans donner dans l’exagération ce lieu repoussant, ce bas-fond des bas-fonds, le plus obscur des coins de campagne perdus que l’on puisse imaginer. On parvient, bizarrement, très rapidement à s’y attacher. Bien qu’à la troisième personne, on entrevoit le village à travers les sensations et réflexions de Siméon, qui croit avoir trouvé le paradis sur terre. Pis c’est foutrement bien écrit, tout en finesse, et les personnages sont tous aussi fantasques les uns que les autres, mais tellement en cohérence avec leur environnement...
Dévoré en deux jours, j’ai passé un excellent moment.

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La lutte décrasse. Ce n'est que le contact d'une matraque et d'un estomac.